Cordes et clavecin

Gilone 1- compressée

Mercredi 4 Août 2021 à 20h00

Eglise Saint Michel
Atelier pré-concert à 17H pour tous, Eglise Saint Michel

L’Ensemble ReNaissance
Gilone Gaubert Violon solo

PROGRAMME

Pietro LOCATELLI, Concerto grosso « Il Pianto d’Arianna »
Adaptation pour violon solo, quatuor à cordes et clavecin

Antonio VIVALDI, Le Quattro Stagioni (les Quatre Saisons)
4 concertos pour violon solo, quatuor à cordes et clavecin

Concerto n° 1, La Primavera (Le Printemps) : Allegro – Largo e pianissimo – Allegro
Concerto n° 2, L’Estate (L’Eté) :  Allegro ma non molto – Adagio – Presto
Concerto n° 3, L’Autunno (L’Automne) : Allegro – Adagio molto – Allegro
Concerto n° 4, L’Inverno (L’Hiver) : Allegro non molto – Largo – Allegro

MUSICIENS
Gilone Gaubert – violon solo
Olivier Briand – violon 1
Patrick Oliva – violon 2
Géraldine Roux – alto
Pauline Lacambra – violoncelle
Elisabeth Joyé – clavecin

NOTES DE PROGRAMME

BIOGRAPHIE DES MUSICIENS 

Gilone Gaubert, violon soliste
Gilone Gaubert est une musicienne complète : premier prix de piano du Conservatoire Régional de Bordeaux, elle obtient ensuite les diplômes de Formation Supérieure en violon (classe de D. Erlih) et violon baroque (classe spécialisée de P. Bismuth et C. Rousset), au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
Premier violon de nombreux ensembles de musique ancienne, elle occupe, depuis 2005, le poste de violon solo des Talens lyriques, dirigés par Christophe Rousset. Avec cet ensemble, elle se produit également en soliste, dans des concertos de J.S. Bach ou, plus récemment, dans les Quatre Saisons d’A. Vivaldi.
Passionnée de musique de chambre, elle est également membre fondatrice du Quatuor Ruggieri, spécialisé dans le répertoire classique et romantique sur instruments d’époque, actif de 2007 à 2015, dont les deux enregistrements dédiés à G. Onslow reçoivent un accueil très favorable de la presse.
De même, elle participe aux activités de l’ensemble de musique de chambre Les Heures du Jour, créé en 2016, spécialisé dans la transcription de répertoire pour clavier et voix chantée qu’elle effectue elle-même. Leur enregistrement du Voyage d’hiver de F. Schubert, sorti en février 2020, fut vivement salué par la critique.

Le choix des musiciens
Les instrumentistes réunis par Gilone Gaubert sont tous spécialisés dans l’interprétation de la musique baroque sur instruments d’époque, suivant une démarche « historiquement informée ». Ils se produisent depuis de nombreuses années au sein des ensembles de musique ancienne les plus réputés, tels Les Arts Florissants, le Concert Spirituel, la Capella Mediterranea, le Banquet céleste, Insula orchestra, les Passions, Artaserse, Concerto Soave, le Ricercar consort, etc.
Animés par la même passion et enthousiasme pour cette musique si riche et expressive, ils sont heureux de se retrouver pour partager, en communion avec le public, l’intensité d’un moment musical unique.

OEUVRES INTERPRÉTÉES

Locatelli, Il pianto d’Arianna
Le Concerto grosso Il pianto d’Arianna de Pietro Locatelli, composé en 1741 – année de la disparition de Vivaldi – arrangé pour notre formation par Gilone Gaubert, exprime les sentiments extrêmes de la mythique Ariane, abandonnée par Thésée, questionnant son sort et son destin par une longue plainte exprimée par le violon soliste.

Vivaldi, Les Quatre saisons
Cette suite de quatre concertos pour violon et ensemble à cordes constitue l’oeuvre phare d’Antonio Vivaldi (1678-1741), connaissant un succès exceptionnel depuis sa composition à Venise en 1724. Le compositeur y déploie une ode à la nature saisissante de figuralisme, et d’une expressivité et inventivité unique en son genre. Les Quatre saisons font partie d’un recueil de douze concertos pour violon intitulé Il Cimento dell’armonia e dell’invenzione, suggérant en cela l’ambition du compositeur à révéler et unir à la fois la science de la composition à l’invention la plus riche. Vivaldi déploie ainsi une extraordinaire fantaisie d’écriture descriptive, conduisant l’interprète à imiter le chant des oiseaux, le bruit du vent, le grondement de l’orage, le crépitement des flammes dans la cheminée, la chaleur écrasante de l’été, ou encore les glissades sur la glace en hiver.
Le choix a été fait ici d’interpréter cette œuvre dans l’effectif minimal requis par le compositeur, chaque instrumentiste tenant à lui seul une partie, dans un esprit chambriste engagé permettant de mettre en valeur le dynamisme et l’inventivité de chacun, et à la partie soliste de se développer en toute liberté, dans une écoute mutuelle.

LES SONNETS
L’on saisit mieux la dimension expressive et figuraliste des Quatre saisons par la lecture des Sonnets accompagnant l’œuvre dès son origine. Des lettres-clé associées à chaque moment musical permettent à chaque musicien d’en suivre le déroulement directement sur la partition, guidant son interprétation.

Concerto n° 1 – Le Printemps

[Allegro]
Voici le Printemps,
Que les oiseaux saluent d’un chant joyeux.
Et les fontaines, au souffle des zéphyrs,
Jaillissent en un doux murmure.
Ils viennent, couvrant l’air d’un manteau noir,
Le tonnerre et l’éclair messagers de l’orage.
Enfin, le calme revenu, les oisillons
Reprennent leur chant mélodieux.

[Largo]
Et sur le pré fleuri et tendre,
Au doux murmure du feuillage et des herbes,
Dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.

[Allegro]
Au son festif de la musette
Dansent les nymphes et les bergers,
Sous le brillant firmament du printemps.

Concerto n°2 – L’Eté

[Allegro non molto – Allegro]
Sous la dure saison écrasée de soleil,
Homme et troupeaux se languissent, et s’embrase le pin.
Le coucou se fait entendre, et bientôt d’une seule voix
Chantent la tourterelle et le chardonneret.
Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup,
Borée s’agite et cherche querelle à son voisin.
Le pâtre s’afflige, car il craint
L’orage furieux, et son destin.

[Adagio – Presto – Adagio]
À ses membres las, le repos est refusé :
La crainte des éclairs et le fier tonnerre
Et l’essaim furieux des mouches et des taons.

[Presto]
Ah, ses craintes n’étaient que trop vraies,
Le ciel tonne et fulmine et la grêle
Coupe les têtes des épis et des tiges.

Concerto n°3 – L’Automne

[Allegro]
Par des chants et par des danses,
Le paysan célèbre l’heureuse récolte
Et la liqueur de Bacchus
Conclut la joie par le sommeil.

[Adagio molto]
Chacun délaisse chants et danses :
L’air est léger à plaisir,
Et la saison invite
Au plaisir d’un doux sommeil.

[Allegro]
Le chasseur part pour la chasse à l’aube,
Avec les cors, les fusils et les chiens.
La bête fuit, et ils la suivent à la trace.
Déjà emplie de frayeur, fatiguée par le fracas des armes
Et des chiens, elle tente de fuir,
Exténuée, mais meurt sous les coups.

Concerto n°4 – L’Hiver

[Allegro non molto]
Trembler violemment dans la neige étincelante,
Au souffle rude d’un vent terrible,
Courir, taper des pieds à tout moment
Et, dans l’excessive froidure, claquer des dents;

[Largo]
Passer auprès du feu des jours calmes et contents,
Alors que la pluie, dehors, verse à torrents;

[Allegro]
Marcher sur la glace, à pas lents,
De peur de tomber, contourner,
Marcher bravement, tomber à terre,
Se relever sur la glace et courir vite
Avant que la glace se rompe et se disloque.
Sentir passer, à travers la porte ferrée,
Sirocco et Borée, et tous les Vents en guerre.
Ainsi est l’hiver, mais, tel qu’il est, il apporte ses joies.