2023

 

Nova Voce
17 juillet 2023

Eglise de l’Ile-aux-Moines

Deux œuvres majeures pour un hommage

 

Hugues Borsarello, violon – Christiane Chrétien, violon – Raymond Glatard, alto -Arnaud Thorette, violon, alto – Raphaël Perraud, violoncelle

 

PROGRAMME

Deux œuvres majeures pour un hommage à une violoniste de l’Orchestre de Paris, Christiane Chrétien, îlienne.

Le Quintette K516 a été écrit le 16 mai 1787, en sol mineur, tonalité qui chez Mozart, relève de la confession intime et dramatique. Pour ce Quintette, qu’il aurait souhaité offrir à Frédéric-Guillaume II, Mozart a inclus deux altos et non deux violoncelles, pensant peut-être que, si le roi de Prusse, adepte du violoncelle, interprétait cette composition, il aurait un rôle unique dans cet ensemble. L’œuvre, faite de tensions et d’apaisements au cours de ses quatre mouvements, tisse un dialogue entre des états d’âme universels qui transcende la dimension personnelle de l’œuvre, dont le compositeur avait alors 31 ans.

Le Quintette OP 87 n°2 a été écrit en 1845 en si bémol majeur par Mendelssohn arrivé à sa maturité musicale et dans la brève dernière partie de sa vie. Ce Quintette fluide, élégant et virtuose, s’impose dans l’histoire de la musique comme œuvre marquante après le Quintette de Mozart. A deux altos, comme celui de Mozart, il alterne en quatre mouvements des splendeurs rappelant le Concerto pour violon op.64 et le bruissement de promenades automnales, laissant percevoir dans des pulsations, réverbérations et incantations aux cadences minutieusement contrastées le mal-être et l’espérance d’un créateur de 36 ans.

Les interprètes

Christiane Chrétien

C’est lors de ses trois ans que Christiane Chrétien se met au violon grâce à sa maman, professeur, qui l’accompagne tout au long de ses études d’abord à Avignon, puis au Conservatoire National Supérieur de Musique à Paris. Elle obtient successivement un prix d’excellence à Avignon, un Premier prix à Paris. En 1971, elle reçoit un prix de violon et de musique de chambre. En 1978, elle est lauréate du concours Maria Canals au Palau de la Musica de Barcelone. Aimant jouer dans des ensembles en particulier orchestraux, elle devient violoniste titulaire à l’Orchestre de Paris, y mène une carrière internationale avec de multiples déplacements à l’étranger sous la direction des plus grands chefs entre 1976 et 2015.
Passionnée, profondément humaine, sa vie est toute musique, avec une extrême sensibilité et une grande exigence d’excellence dans le jeu, les interprétations et les interactions entre les instruments, sa vie est aussi toute amitié. Son activité se complète de cours, de masterclasses.

C’est pour rendre hommage à sa carrière, à sa fidélité en amitié et à son attachement à l’Ile-aux-Moines que le premier concert de 2023 lui est ouvert et dédié. Elle est entourée à cette occasion d’amis qu’elle a connus au cours de sa vie de violoniste et qui ont tous un parcours remarquable.

Hugues Borsarello

Né dans une famille de musiciens, Hugues Borsarello débute le violon avec son père dès son plus jeune âge, se perfectionne au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris auprès de Patrice Fontanarosa. Son goût pour l’orchestre l’amène à intégrer le Gustav Mahler Jugendorchester au sein duquel il se produit sous la direction de Claudio Abbado, Seiji Ozawa… Il poursuit cette activité en entrant supersoliste de l’Orchestra Metropolitana de Lisboa à tout juste 20 ans. Il poursuit ces activités orchestrales quelques années puis depuis 2014 se consacre à ses projets solistes. Invité régulièrement en tant que soliste (Orchestre Symphonique de Bretagne, Orchestre des Concerts Lamoureux, Orchestre National d’Avignon Provence), son répertoire s’étend des concertos de Vivaldi, Bach, Mozart, Beethoven, Tchaïkovski, Sibelius, jusqu’aux œuvres virtuoses de Saint-Saëns, Kreisler, Chausson, Sarazate, Paganini… Artiste brillant, en résidence auprès de l’Orchestre National de Bretagne (ONB) au cours de la saison 2020-21, Hugues Borsarello est un partenaire régulier de l’ONB, aux côtés duquel il s’est produit notamment dans le Double concerto de Brahms avec Gautier Capuçon, violoncelle, les airs bohémiens de Sarasate, le 3ème concerto de Saint-Saëns ou encore le 1er concerto de Mozart. Hugues Borsarello a conçu avec Gautier Capuçon l’album « Symphonie pour la Vie » dédié aux soignants durant la pandémie sous le parrainage de la Fondation des Hôpitaux de France. Ce projet se poursuit sous la forme d’une émission de télévision en soutien à l’opération Pièces Jaunes.

La musique de chambre à laquelle il se consacre également avec passion l’amène à se produire auprès de nombreux festivals en France comme à la Folle journée de Nantes et à l’étranger (Barbican à Londres, NCPA à Bombay, Kioi Hall à Tokyo…) aux côtés de musiciens renommés tels que François-René Duchâble, Gérard Caussé, Gautier Capuçon, les quatuors Modigliani et Van Kuijk… En 2020, il est invité par Rolando Villazón aux côtés du pianiste Paul Montag à la prestigieuse « Mozartwoche » de Salzburg pour interpréter sur le violon et le piano de Mozart un programme consacré aux sonates de Mozart, Hugues Borsarello poursuit cette collaboration en Europe (Gand, Montreux, Berlin…). Son prochain album « Miniatures » consacré au répertoire français paraîtra en 2023 chez Alpha/Outhere. Hugues Borsarello joue un violon de V. Ruggieri c.1695 et un archet de Léonard Tourte c.1790.

Raymond Glatard

Après avoir obtenu deux premiers prix pour alto et musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, Raymond Glatard a poursuivi ses études à l’Université de Boston auprès du célèbre altiste Walter Trampler. Il devient soliste de l’Orchestre Jean-François Paillard, puis à partir de 1979 soliste de l’Orchestre National de France. Parallèlement, il joue régulièrement en France et à l’étranger au sein de formations de musique de chambre, sextuor et trios à cordes, duo alto-piano. En 1999, il a effectué une tournée en tant que soliste au Japon. Sensibilisé à cette culture, il a participé au concert donné à l’UNESCO par l’orchestre Japonaide créé après le séisme de Tokohu en mars 2011.

Raymond Glatard a enregistré de nombreux disques. On a pu l’entendre, le 13 décembre 2022 sur France musique dans l’émission Hiérarchies orchestrales, dans un quintette de Bruckner enregistré en 1988, joué par le Sextuor de l’Orchestre National de France, composé de solistes de cet orchestre, dont il faisait partie. Depuis 1990, il enseigne l’alto au Conservatoire National de Musique de Paris.

Arnaud Thorette

Formé au Conservatoire de Versailles puis au Centre National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, il obtient en 2003 son diplôme à l’unanimité du jury et poursuit un troisième cycle en alto et musique de chambre. Il remporte cinq grands prix internationaux ainsi que le prix de l’Académie Ravel. Ouvert à tous les genres musicaux, Arnaud Thorette a collaboré à travers le monde avec les quatuors Ebène, Modigliani, et avec d’autres artistes comme Karine Deshayes, Nicolas Angelich et Philippe Jaroussky. Il est recherché par des artistes d’autres mondes musicaux tels Rosemary Stadley, Gael Faye…. Il est depuis plus de vingt ans le directeur artistique de l’Ensemble Contraste.

Raphaël Perraud

Issu d’une famille de musiciens, Raphaël Perraud étudie le violoncelle dès cinq ans au Conservatoire de Valence, puis poursuit au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Jean-Marie Gamard. Il en ressort avec un premier prix de violoncelle et un premier prix de musique de chambre. Lauréat de plusieurs concours internationaux, il remporte en 1994 le concours international « Printemps de Prague ». Son parcours le conduit à jouer en soliste avec de nombreux orchestres dont l’Orchestre National de France. En 2005, sous la présidence de Kurt Masur, il est nommé violoncelle super soliste de l’Orchestre National de France. En 2019, Raphaël Perraud interprète le concerto de Lalo avec l’Orchestre National de France sous la direction de Thomas Søndergård. Il est à nouveau invité en soliste avec cet orchestre pour jouer le concerto pour violoncelle de Marie Jaël en juillet 2021.
Excellent chambriste, d’une grande sensibilité, il participe à de nombreux festivals aux côtés d’artistes réputés comme Nicolas Dautricourt, Régis Pasquier ou Georges Pludermacher… Membre du Quatuor Renoir pendant cinq ans, il a obtenu le prix du Ministère de la Culture en 2003 au concours international de quatuor à cordes de Bordeaux. On a pu l’entendre dans de nombreuses salles prestigieuses : Théâtre des Champs Elysées, Théâtre du Châtelet, Opéra de Shanghaï… Parmi ses enregistrements, on peut citer la Sonate de Claude Debussy avec Laurent Wagshal au piano, ainsi que les trois strophes sur le nom de Sacher d’Henri Dutilleux enregistrées en présence du Maître dans le cadre du festival « Sonates d’Automne ». Il a pour projet d’enregistrer les deux sonates de Gabriel Fauré.